Silex à la française

Silex à la française

[random], 2018,
silex du loing, paillettes, sable multicolore.
15 x 15 x 10 cm
Production Les Tanneries
Photo : Tadzio

Quand je me suis installé à Dungeness au milieu des années 1980, je n’avais aucune intention d’y créer un jardin. Ça semblait d’ailleurs inimaginable: il n’y avait là que des galets, pas de terre et une végétation étique. Devant la porte d’entrée avait cependant été construit un parterre: une sorte de rocaille en tessons de briques et en ciment qui s’intégrait bien au décor. Un jour en marchant sur la plage à marée basse, j’ai remarqué un silex magnifique. Je l’ai ramené et l’ai mis à la place d’une des briques de ma rocaille; j’eus bientôt remplacé tous les moellons par des silex. Ils n’étaient pas facile à trouver mais, après chqaue tempête, il en apparaissait de nouveaux. Le parterre était magnifique, on aurait dit des dents de dragons, blanches et grises. Ma promenade à la lisière de la mer eut dès lors un but précis. […]

Les pierres surtout disposées en cercle, me rapellent les cromlechs et les dolmens. Elles ont le même mystérieux pouvoir d’attraction. Après avoir terminé de transformer la rocaille et jeté les dernières briques à la mer, j’ai construit le cercle de pierres à gauche lorsqu’on se tient face au cottage: il mesure environ un mètre cinquante de diamètre et se compose de silex en dents de dragon, de briques polies par les flots (pour l’indispensable touche de couleur), et de pierres et de coquillages aux formes inhabituelles. Cela m’a pris une bonne partie de l’hiver, avec l’aide d’un sac de plombier américain qui me permettait de rapporter une demi-douzaine de pierres à chaque voyage.

Le cercle a donné le ton du jardin de devant: ce serait un jardin formel « à la française ». Bientôt un second cercle, à droite, répétait le premier; suivi par le parterre ovale au centre, empli de cailloux blancs et au centre duquel figurent des pierres rouges et grises.

Un dernier jardin, Derek Jarman, Thames & Hudson, 2012.